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Bénin: Que cherche Romuald Wadagni dans les pays de l’AES?

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Le déplacement du nouveau président du bénin, Romuald Wadagni au Niger et au Burkina Faso (deux des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel – AES), effectué début juin 2026 juste après son investiture, marque une rupture diplomatique majeure par rapport à l’ère Patrice Talon.

par  France-AfriqueMÉDIA

Ce choix fort de Realpolitik répond à trois impératifs cruciaux pour le Bénin :

1. L’impératif économique : Réouvrir les frontières et sauver le Port de Cotonou

Sous la présidence précédente, l’alignement strict du Bénin sur les sanctions de la CEDEAO avait conduit au blocus et à la fermeture de la frontière avec le Niger. Cette situation a asphyxié l’économie béninoise :

  • Le Port Autonome de Cotonou, qui est le débouché maritime naturel du Niger et du Burkina Faso, a perdu des centaines de milliards de francs CFA, les pays du Sahel ayant redirigé leurs flux vers le port de Lomé au Togo.
  • Le pétrole nigérien : Les tensions avaient bloqué le pipeline d’exportation de brut nigérien transitant par le Bénin.

La rencontre avec le général Abdourahamane Tiani à Niamey a immédiatement débouché sur un engagement conjoint pour lever les obstacles et réouvrir officiellement la frontière.

2. L’urgence sécuritaire : Une réponse commune face au terrorisme

Le nord du Bénin (notamment la zone des parcs nationaux W et Pendjari) subit une pression de plus en plus forte des groupes armés terroristes. Ces groupes exploitent la porosité des frontières avec le Burkina Faso et le Niger.

  • Wadagni a acté le fait qu’isoler le Sahel ou attendre une force multinationale était inefficace.
  • L’objectif de sa visite à Niamey et à Ouagadougou (chez Ibrahim Traoré) est de rétablir une coopération militaire directe : partage de renseignements en temps réel, patrouilles coordonnées et droit de poursuite transfrontalier.

3. Le symbole politique : Rompre avec le dogmatisme passé

En envoyant des signaux d’ouverture dès sa cérémonie d’investiture (où le Premier ministre nigérien et les ministres des Affaires étrangères de l’AES étaient présents), Romuald Wadagni a voulu tourner la page des invectives.

Que retenir ? Ancien ministre des Finances et homme de chiffres, il privilégie le pragmatisme et le respect des souverainetés plutôt que l’affrontement politique. Pour lui, la prospérité et la sécurité de Cotonou dépendent directement de la stabilité et de la bonne entente avec son arrière-pays sahélien.

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