Burkina Faso: Pourquoi l’imam Mohamed Ishaq Kindo a-t-il été arrêté et que lui reproche t-on?
L’Imam Dr Mohamed Ishaq Kindo est un leader religieux sunnite particulièrement influent au Burkina Faso, où il occupe notamment le poste de président des Oulémas sunnites du pays. Il a été interpellé par les forces de sécurité à Ouagadougou le 26 mai 2026.
Pourquoi a-t-il été arrêté ?
Officiellement, les motifs précis de son arrestation n’ont pas encore été communiqués par les autorités ou par la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB).
Toutefois, plusieurs éléments contextuels majeurs expliquent la situation :
- Critique d’un projet de loi sur la religion : Deux jours avant son arrestation, un enregistrement de ses enseignements a été largement partagé en ligne. Dans cet enregistrement, l’imam Kindo critiquait ouvertement l’adoption récente d’un projet de loi encadrant l’exercice des libertés religieuses au Burkina Faso (visant notamment l’utilisation des espaces publics pour les cultes), appelant le pouvoir militaire en place à réfléchir plus mûrement aux implications de leurs décisions.
- Le contexte sécuritaire et politique : Le pays est dirigé par une junte militaire engagée dans la lutte contre les groupes djihadistes, qui restreint fermement les voix critiques et l’opposition sous couvert de préserver l’ordre et l’effort de guerre.
Réactions et situation actuelle
L’interpellation, qualifiée de tendue par des témoins de son entourage, a provoqué de vives émotions. Des centaines de fidèles ont manifesté à Ouagadougou pour exiger sa libération, des rassemblements qui ont été dispersés par des tirs de gaz lacrymogène.
Face à l’indignation, la FAIB a publié un communiqué appelant la communauté musulmane au calme, à la retenue et à la sérénité, tout en précisant qu’elle effectuait des démarches auprès des autorités compétentes pour obtenir des clarifications.
De plus, de fausses rumeurs concernant le décès de l’imam en détention ont brièvement circulé le lendemain de son arrestation, ce qui a poussé le Procureur général à publier un démenti formel et à ouvrir une enquête contre les auteurs de ces fausses informations.