Économie

Congo: Clôture des Assemblées annuelles de la BAD: Entre engagements et promesses.

· 3 min de lecture

Les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), qui se sont clôturées à Kintélé (commune située dans la banlieue nord-est de Brazzaville), le 29 mai 2026, ont été marquées par une forte volonté de bâtir une nouvelle architecture financière africaine et de valoriser le capital naturel du continent. Face à un impératif de mobiliser près de 400 milliards de dollars par an pour le développement africain, plusieurs engagements majeurs et promesses chiffrées ont été actés.

Voici les grandes annonces et conclusions de ce sommet :

1. La mobilisation pour le Bassin du Congo (Le volet vert)

Brazzaville oblige, la préservation de l’environnement et l’économie du climat ont été au centre des débats.

  • 3 milliards de dollars mobilisés : Plus de 3 milliards de dollars ont été levés pour financer 63 projets spécifiques dans le bassin du Congo, considéré comme le plus grand poumon écologique de la planète.
  • Valorisation du « Capital Naturel » : Les experts et gouverneurs ont poussé pour l’intégration de la richesse verte (biodiversité, capacité de séquestration du carbone des forêts et tourbières) dans le calcul du PIB des pays africains afin de faciliter l’émission d’obligations vertes et de blue bonds (obligations bleues).

2. Les promesses et soutiens des partenaires internationaux

  • Le package du Royaume-Uni : Fidèle à son virage vers des partenariats d’investissement plutôt que d’aide traditionnelle, la baronne Jenny Chapman a annoncé un soutien fort de Londres, comprenant 70 millions de livres sterling en capital hybride pour la BAD et 3 milliards de dollars de garanties.
  • Le partenariat vert BAD-OCP : Un accord majeur de 450 millions d’euros a été scellé entre la BAD et le groupe marocain OCP pour soutenir l’agriculture durable et la résilience climatique.

3. Souveraineté financière et réformes structurelles (NAFAD)

L’Afrique cherche à s’affranchir de la dépendance des financements extérieurs traditionnels.

  • Le déploiement de la NAFAD : L’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI) a reçu un soutien massif pour propulser la NAFAD (New Architecture for African Development Finance). L’objectif est de transformer et canaliser l’épargne locale africaine pour en faire le moteur souverain du développement.
  • Amélioration des recettes fiscales : Face à un ratio taxe/PIB africain moyen de 16 %, l’engagement a été pris de pousser les réformes (digitalisation, transparence) pour atteindre un objectif cible de 25 %, en s’inspirant des réussites de pays comme la Tanzanie.
  • Réforme des notations de crédit : Les dirigeants ont unanimement appelé à réformer le système mondial des agences de notation, dénonçant une perception gonflée du « risque Afrique » qui alourdit artificiellement le coût de la dette pour les États du continent.

4. Énergie et infrastructures connectées

  • Suivi de la « Mission 300 » : La BAD et la Banque mondiale ont lancé officiellement un outil de suivi (Progress Tracker) pour matérialiser l’ambitieux projet d’apporter l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030.
  • Programme « Clean Cooking » : Dans le cadre du Plan Mattei / Processus de Rome, un programme de cuisson propre a été annoncé pour réduire l’empreinte carbone domestique et protéger la santé des populations, notamment les femmes.

Le mot d’ordre du sommet : Sous la direction du Dr Sidi Ould Tah, le président du Groupe de la BAD, la feuille de route s’articule désormais autour de ses Quatre Points Cardinaux : libérer la puissance du capital africain, rebâtir la souveraineté financière, transformer la démographie en dividende économique, et construire des infrastructures résilientes.

Sujets : Économie
Partager