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Congo: Plongée à la FECOFOOT, l’incroyable cavale de Mayolas qui a stupéfait Denis Sassou Nguesso

Brazzaville — Le coup de théâtre s'est joué sur la pelouse. Fin septembre 2026, alors que les Diables rouges du Congo préparent un match crucial contre le Cameroun, le chef de l’État congolais, Denis Sassou Nguesso, effectue une visite surprise au stade d’entraînement. Lors de cette inspection censée galvaniser les troupes, la scène prend une tournure inattendue et largement relayée sur les réseaux sociaux. Lorsqu'on lui présente le nouveau visage à la tête de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT), la conversation qui s'engage laisse l'assistance interloquée : — « C'est vous le nouveau président de la fédération ? » demande le président de la République. — « Oui, Excellence, c'est lui », lui répond-on dans l'entourage. — Ah bon ? Mais, pourquoi votre prédécesseur a fui ? » lâche alors Denis Sassou Nguesso. Cette interrogation incisive, lancée devant les joueurs et le staff technique, ne relève pas de la simple anecdote. Elle vient rouvrir l'un des scandales politico-sportifs les plus retentissants d'Afrique centrale, replaçant sous le feu des projecteurs l'homme dont le nom est désormais synonyme d'un véritable séisme financier : Jean-Guy Blaise Mayolas. Mais que devient concrètement cet encombrant prédécesseur ? Plongée dans une chute vertigineuse, entre détournements de fonds, justice expéditive et traque internationale.

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Par Sarah Benali / France-AfriqueMÉDIA

Ancien gestionnaire sportif né en 1962, Jean-Guy Blaise Mayolas trônait au sommet du football congolais et occupait également, depuis 2021, la présidence de l’Union des fédérations de football d’Afrique centrale (UNIFFAC). Mais son règne s’est effondré au début de l’année 2026.

L’affaire qui le précipite dans l’abîme porte sur un détournement massif évalué à 1,1 million de dollars (soit plus de 650 millions de francs CFA). Ces fonds, alloués par la FIFA, comprenaient notamment une enveloppe de 500 000 dollars strictement dédiée au développement de l’équipe nationale féminine du Congo. Au lieu de financer les infrastructures et les joueuses, cet argent s’est évaporé dans des circuits occultes. L’enquête a mis au jour un système tentaculaire avec des faits de blanchiment d’argent, de faux, d’usage de faux et de détournements de deniers publics.

Le procès par contumace et le couperet de la perpétuité

Sentant l’étau judiciaire se resserrer inexorablement après la découverte des malversations, Jean-Guy Blaise Mayolas a pris une décision radicale au début de l’année 2026. Il a quitté clandestinement le Congo-Brazzaville, emmenant avec lui sa femme et son fils quelques semaines avant le début de son procès.

Le 10 mars 2026, la justice congolaise a frappé avec une sévérité exemplaire. En son absence, l’ancien patron du football a été jugé par contumace et condamné à la prison à perpétuité.

Ses complices, restés sur place, n’ont pas échappé au naufrage judiciaire. Le secrétaire général de la FECOFOOT, Badji Mombo Wantete, et le trésorier de l’instance, Raoul Kanda — arrêtés en février 2026 alors qu’ils tentaient de se rendre à un congrès de la FIFA au Paraguay — ont écopé chacun de cinq ans de prison ferme pour complicité.

La traque internationale : où se cache le fugitif ?

Aujourd’hui, l’ancien président de la FECOFOOT est un fugitif de haut vol. Suite à sa lourde condamnation, le gouvernement de Brazzaville a officiellement saisi Interpol en avril 2026 pour exiger l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre.

Bien que sa localisation exacte demeure secrète, les enquêteurs disposent de pistes géographiques précises. Les services de renseignement soupçonnent l’ancien baron du football d’avoir trouvé refuge dans un pays frontalier, très probablement au Cameroun ou en République démocratique du Congo (RDC). Il profiterait de la porosité des frontières et des réseaux d’influence qu’il a pu tisser au fil de sa longue carrière institutionnelle en Afrique centrale pour échapper aux autorités.

L’interrogation de Denis Sassou Nguesso sur le bord du terrain trouve ainsi sa réponse dans l’ampleur d’un désastre financier sans précédent. Pour la nouvelle équipe dirigeante qui lui a été présentée ce jour-là, l’héritage est brutal. Il s’agit en effet non seulement de préparer les prochaines échéances sportives, mais de rebâtir la crédibilité d’une fédération laissée en ruines par un homme devenu l’un des fugitifs les plus recherchés d’Afrique centrale.

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