Congo – Rd Congo : le procureur de Brazzaville, André Oko NGAKALA, violemment interpellé puis relâché à Kinshasa. Ce que l’on sait.
Ce qui ne devait être qu'un simple séjour privé de l'autre côté du fleuve Congo a failli virer à l'incident diplomatique. André Oko Ngakala, l'influent procureur de la République du Congo, a été violemment pris à partie et placé en garde à vue dimanche à Kinshasa par des éléments de la police congolaise (RDC), avant d'être libéré in extremis grâce à l'intervention de l'ambassade.

Par Carine Vuemba / Correspondante de France-AfriqueMÉDIA à Kinshasa
Selon des sources concordantes de la presse locale, le magistrat se trouvait dans la capitale de la RDC pour des « raisons sociales », muni d’une autorisation de sortie du territoire en bonne et due forme. L’incident aurait pour point de départ une simple altercation liée à un litige locatif. L’intervention de la police kinoise sur les lieux a cependant rapidement fait basculer la situation.
Bavure et humiliations
Dès que les agents de police ont formellement identifié André Oko Ngakala comme étant le procureur de Brazzaville, le ton est monté d’un cran. Les témoignages rapportent une scène d’une rare violence à l’encontre d’un haut magistrat étranger. Le procureur aurait été violemment pris à partie, une arme aurait été braquée dans sa direction, et les agents auraient même tenté de le déshabiller. Il a ensuite été embarqué sans ménagement vers un commissariat de Kinshasa où il a été placé en garde à vue.
Dénouement diplomatique dans un climat de méfiance
Face à la gravité des faits, l’ambassade du Congo-Brazzaville en RDC est montée au créneau. Cette intervention diplomatique rapide a permis d’obtenir la libération du procureur.
Si le magistrat a pu retrouver la liberté, cet incident soulève de nombreuses questions sur le traitement réservé à un officiel de ce rang. Il intervient par ailleurs dans un contexte régional déjà sensible, marqué notamment par le dossier toujours en suspens des militaires de Brazzaville portés « disparus » à Makotimpoko, ravivant ainsi les attentes d’explications officielles de part et d’autre du fleuve.