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Course à la succession à l’OIF : Qui pour incarner le renouveau de la Francophonie en 2026 ?

· 4 min de lecture

Par Adrien Ngaba / Rédaction Culture France-AfriqueMÉDIA

Alors que le 20e Sommet de la Francophonie approche, prévu pour novembre 2026 à Siem Reap, au Cambodge, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) vit un tournant historique. Avec la fin du second mandat de Louise Mushikiwabo, la question de sa succession cristallise les tensions et les ambitions. Quatre profils, porteurs de visions contrastées, ont récemment passé l’épreuve du «grand oral» à Paris.

La Francophonie, qui revendique désormais une assise majoritairement africaine, se trouve à la croisée des chemins. L’enjeu pour le prochain secrétaire général ne sera pas seulement administratif, mais éminemment politique : comment réinventer une organisation parfois critiquée pour son manque d’influence réelle, tout en équilibrant les intérêts d’un espace linguistique qui s’étend du Sahel à l’Europe de l’Est ?

Voici l’état des forces en présence dans cette course à la direction de l’OIF.

Les forces en lice : Profils et ambitions

Dr Coumba Bâ (Mauritanie) : La candidate de la « souveraineté culturelle »

Conseillère du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et ancienne ministre, Coumba Bâ se présente comme la candidate du renouvellement.

  • Atouts : Sa connaissance fine des arcanes de l’OIF, pour laquelle elle a été envoyée spéciale, est un atout majeur. Elle mise sur une diplomatie du dialogue qui positionne la Mauritanie comme un pont naturel entre l’Afrique subsaharienne, le monde arabe et le Sahel.
  • Vision : Son programme s’articule autour de la « souveraineté culturelle ». Elle souhaite faire de la Francophonie un levier de développement économique et d’autonomie, tout en prônant un bloc africain plus cohérent au sein de l’organisation.

Dacian Ciolos (Roumanie) : Le choix de l’expérience européenne

Ancien Premier ministre roumain et figure bien connue des institutions européennes (ex-commissaire à l’Agriculture et député européen), Dacian Ciolos est le seul candidat non-africain en lice.

  • Atouts : Il apporte une expertise technocratique et une maîtrise éprouvée de la gouvernance internationale. Sa tournée diplomatique sur le continent africain témoigne de sa volonté de rassurer les États membres sur son engagement envers leurs réalités spécifiques.
  • Vision : Ciolos propose une approche pragmatique, axée sur la modernisation et la crédibilité de l’OIF. Son message est celui d’une Francophonie « unie et utile », capable de s’adapter aux défis globaux (climat, numérique, sécurité).

Juliana Amato Lumumba (République Démocratique du Congo) : La voix des peuples

Fille de Patrice Lumumba, figure historique de l’indépendance congolaise, et ancienne ministre, elle est portée par la candidature de la RDC, deuxième pays francophone au monde.

  • Atouts : Son nom est une bannière politique puissante. Sa légitimité découle d’un héritage panafricain fort qui résonne avec les attentes de nombreuses jeunesses africaines aspirant à une rupture avec les relations héritées du passé colonial.
  • Vision : Elle prône une « Francophonie des peuples », plus horizontale et solidaire. Son ambition est de faire de la langue française un outil de valorisation des cultures nationales et d’intégration économique directe.

Enjeux et chances : Une élection sous haute tension

L’élection de 2026 ne se jouera pas seulement sur les programmes, mais sur un subtil jeu d’équilibriste diplomatique.

  • Le poids de l’Afrique : Avec près de 65 % des locuteurs vivant sur le continent, il semble acquis que la Francophonie doit rester « africaine » dans sa gouvernance. Cependant, le soutien massif de l’Afrique ne garantit rien si les divisions régionales persistent.
  • Le défi de la crédibilité : L’OIF doit impérativement prouver son utilité concrète dans un monde où l’anglais domine les échanges commerciaux et numériques. Le prochain secrétaire général devra démontrer une capacité à transformer les sommets en résultats tangibles pour les citoyens (emploi, formation, mobilité).
  • La bataille des réseaux : Si Ciolos joue la carte de la compétence et de la solidité institutionnelle, les candidates africaines misent sur la transformation profonde de l’organisation. La victoire pourrait se jouer sur la capacité de l’un des candidats à fédérer, au-delà de son bloc géographique, des voix issues de la diaspora et des pays du Nord.

Verdict attendu en novembre Le « grand oral » de Paris n’était qu’une étape préliminaire. La véritable bataille se déroulera durant les mois précédant le Sommet de Siem Reap. Si l’Afrique semble en position de force numérique, c’est la capacité de conviction des candidats auprès des chefs d’État et de gouvernement qui déterminera, en novembre prochain, qui tiendra les rênes de l’OIF pour les quatre prochaines années.

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