Guinée : Fronde électorale, 7 partis rejettent les résultats provisoires des législatives
Par la Rédaction de France-AfriqueMÉDIA
CONAKRY – Le paysage politique guinéen, connaît une nouvelle zone de fortes turbulences. Douze jours après le scrutin législatif et municipal du 31 mai 2026, la tension ne retombe pas. Sept formations politiques ont officiellement déposé des recours auprès des institutions compétentes, contestant vigoureusement les résultats provisoires annoncés le 5 juin dernier.
Une victoire écrasante sous le feu des critiques
Pour rappel, la Direction générale des élections avait proclamé une victoire massive du mouvement Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), une formation qui s’aligne sur la vision du pouvoir actuel. Selon les chiffres officiels, le GMD a raflé la quasi-totalité des sièges à l’Assemblée nationale, dans un scrutin marqué par un taux de participation que l’opposition qualifie d’artificiel.
Les sept partis contestataires, qui avaient choisi de participer au scrutin malgré un climat politique délétère, dénoncent désormais des « irrégularités massives » et un « hold-up électoral ».
Les points de blocage
Dans un communiqué commun rendu public ce matin, les représentants de ces sept formations listent plusieurs griefs qui, selon eux, entachent la sincérité du vote :
- Absence de transparence : Les plaignants dénoncent un manque d’accès aux procès-verbaux dans plusieurs circonscriptions clés, notamment à Conakry et en Haute-Guinée.
- Divergences de chiffres : Les délégués de l’opposition font état de discordances notables entre les chiffres remontés par leurs observateurs de terrain et ceux annoncés par les autorités électorales.
- Pressions sur les assesseurs : Des témoignages font état d’intimidations à l’encontre des représentants des petits partis dans les centres de vote, rendant le contrôle du processus illusoire.
« Nous ne pouvons accepter des résultats qui ne reflètent en rien la réalité des urnes. Ce que nous avons vu le 31 mai n’est pas une élection, c’est une formalité administrative orchestrée pour valider un scénario déjà écrit », a déclaré à la presse un porte-parole de l’un des partis signataires.
Un pouvoir imperturbable
Face à cette fronde, le gouvernement, par la voix de ses porte-paroles, a réitéré son appel au calme, invitant les « candidats mécontents à privilégier les voies légales de recours ». Le ministère de l’Administration du territoire, garant de l’organisation technique, maintient que le processus s’est déroulé conformément au code électoral.
La balle est désormais dans le camp de la Cour suprême, seule habilitée à examiner ces recours et à proclamer les résultats définitifs. Cette échéance est attendue avec une grande nervosité par les chancelleries étrangères et la société civile, qui craignent une radicalisation de la scène politique guinéenne.
Un climat social en suspens
L’absence des deux poids lourds traditionnels de la vie politique guinéenne – l’UFDG et le RPG Arc-en-ciel, dont les structures ont été mises en cause lors de la récente évaluation des partis – a laissé le champ libre à une reconfiguration totale de l’échiquier. Cependant, cette absence n’a pas suffi à apaiser les tensions.
Alors que le pays attend la décision de la Cour suprême, Conakry retient son souffle. Le défi pour les autorités, sera de convaincre une partie de la classe politique, et par extension une partie de la population, de la légitimité d’une Assemblée nationale dont la composition est aujourd’hui ouvertement remise en question par ceux-là mêmes qui ont accepté de jouer le jeu du suffrage.
Note : La rédaction de France-afriqueMÉDIA suit de près l’évolution des recours déposés auprès de la Cour suprême. Aucun incident majeur n’a été rapporté dans la capitale ce samedi, mais le dispositif de sécurité reste visible autour des bâtiments administratifs.