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Macky Sall et l’ONU : une ambition diplomatique à l’épreuve des réalités.

· 3 min de lecture

Par la Rédaction de France-Afrique MÉDIA | 20 juin 2026

Depuis l’officialisation de sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies en mars dernier, l’ancien président sénégalais Macky Sall fait face à un parcours diplomatique aussi ambitieux que complexe. Alors que le processus de sélection entre dans une phase décisive, l’analyse de sa candidature révèle un contraste marqué entre une expérience internationale reconnue et un déficit de soutien institutionnel sur le continent africain.

Les atouts : Une vision et une stature d’homme d’État

La candidature de M. Sall repose sur plusieurs piliers qui lui ont permis de convaincre lors de ses auditions à New York :

  • Une expertise multilatérale solide : Fort de ses douze années à la tête du Sénégal et de sa présidence de l’Union africaine (UA) en 2022, Macky Sall a pu démontrer sa maîtrise des grands dossiers globaux : climat, sécurité, et financement du développement. Sa capacité à naviguer dans les hautes sphères de la négociation internationale est indéniable.
  • Un plaidoyer pour la refondation : Son programme, axé sur une « refondation du multilatéralisme », trouve un écho chez les États du Sud global. Il propose une gouvernance onusienne plus inclusive, digitalisée et réactive face aux crises systémiques (conflits, changements climatiques), une position qui résonne avec les attentes de nombreux pays émergents.
  • La posture d’architecte régional : Son expérience à l’UA a été largement mise en avant, soulignant sa volonté de transformer l’Afrique, passant du statut de « sujet » de l’ordre international à celui d’« architecte » de la gouvernance mondiale.

Les obstacles : Le défi de la légitimité interne

Cependant, le chemin vers le secrétariat général est entravé par des vents contraires, tant sur le plan régional que national :

  • L’absence d’onction continentale : C’est sans doute le point le plus critique. Contrairement à la pratique habituelle qui requiert un consensus africain, la candidature de Macky Sall n’a pas reçu l’aval formel de l’Union africaine. Des objections procédurielles et politiques au sein de l’organisation panafricaine ont fragilisé la portée de sa démarche.
  • Le désaveu de Dakar : La position du Sénégal a ajouté une couche de complexité. En se désolidarant de l’initiative dès le printemps dernier, l’État sénégalais a privé l’ancien chef d’État du soutien de son propre socle national. Cette rupture, très remarquée dans les chancelleries, affaiblit la crédibilité de sa candidature sur la scène onusienne, où l’unité nationale est souvent un prérequis.
  • Une équation géopolitique complexe : Au-delà des fractures internes, Macky Sall doit composer avec les jeux d’influences des membres permanents du Conseil de sécurité. Sa candidature s’inscrit dans un contexte où les règles de rotation régionale et les équilibres entre puissances rendent toute élection incertaine, obligeant chaque candidat à déployer un travail diplomatique de haute intensité.

Perspectives

Macky Sall poursuit sa campagne malgré ces vents contraires, misant sur son bilan de dirigeant expérimenté. Toutefois, le silence de l’UA et la distance prise par son pays d’origine restent des faiblesses structurelles majeures. Dans cette course aux multiples candidats, la capacité de l’ancien président à transcender ces dissensions africaines déterminera l’issue de son ambition internationale.

Ce dossier sera suivi par notre rédaction au rythme des prochaines étapes du processus de sélection au Conseil de sécurité.

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