Sénégal: Révision Constitutionnelle, Aminata Touré monte au créneau contre une « offensive institutionnelle »
Par Patrick Guitter / Rédaction politique France-AfriqueMÉDIA
Dakar, le 28 juin 2026 — Dans une intervention ferme lors de la conférence des leaders de la coalition Diomaye Président, l’ancienne Première ministre Aminata Touré a tiré la sonnette d’alarme. Au cœur de ses préoccupations : le projet de révision constitutionnelle actuellement débattu, qui, selon elle, dissimule une tentative de fragilisation du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.
Un « danger pour la République »
Le point de crispation principal concerne la disposition visant à interdire au Président de la République d’être chef de parti politique. Pour Aminata Touré, cette modification n’est pas une simple réforme technique, mais une manœuvre politique périlleuse.
« Le président ne peut plus être chef de parti : c’est une révision qui constitue un danger pour la République », a-t-elle martelé devant la presse. L’ancienne cheffe du gouvernement estime que cette restriction, sous couvert de neutralité institutionnelle, cache en réalité un dessein plus sombre : celui de dépouiller le Président de ses prérogatives et de son assise politique.
Une offensive pour « arracher le pouvoir »
Au-delà de la critique juridique, le ton était résolument politique. Aminata Touré a dénoncé ce qu’elle qualifie d’« offensive institutionnelle ». Selon elle, le projet de loi ne cherche pas à renforcer la démocratie, mais à déstabiliser l’exécutif en place.
Elle n’a pas hésité à parler d’une volonté manifeste de certains acteurs de « vouloir arracher le pouvoir à Bassirou Diomaye Faye ». Pour la coalition, cette tentative de modification constitutionnelle marquerait un basculement dangereux dans l’équilibre des pouvoirs, susceptible de plonger le pays dans une instabilité institutionnelle prolongée.
Un climat de tension croissante
La sortie d’Aminata Touré s’inscrit dans un contexte national sous haute tension. Ce dimanche 28 juin, la classe politique sénégalaise est en pleine ébullition :
- Mobilisation des opposants : Barthélémy Dias a appelé les forces vives et les mouvements citoyens à se mobiliser contre le vote de ce texte, prévu pour ce lundi.
- Exigence de référendum : Le mouvement Y’en a marre a également durci le ton, exigeant que le peuple soit consulté par référendum sur ces réformes majeures.
- Appels à la rue : Le collectif Aar Sunu République a annoncé d’ores et déjà une première marche pour le mois de juillet, dénonçant des « dérives constitutionnelles ».
Alors que les débats parlementaires sur le sujet s’annoncent houleux dès le début de la semaine, les déclarations d’Aminata Touré confirment que la bataille autour de la Constitution est devenue le nouvel épicentre de la confrontation politique au Sénégal.