Mali – Algérie : ce qu’ Abdoulaye Maïga a obtenu après 24 heures chrono à Alger.
Quinze mois de brouille diplomatique semblent désormais balayés. Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a achevé ce lundi 24 août 2026 une visite de travail éclair dans la capitale algérienne. Un déplacement hautement stratégique qui scelle le réchauffement des relations entre Bamako et Alger. Bilan d'une visite de normalisation.

Par Patrick Guitter/ Rédaction France-AfriqueMÉDIA
Arrivé sur invitation de son homologue algérien Sifi Ghrieb, le chef du gouvernement malien a été reçu en audience par le président Abdelmadjid Tebboune. Cette rencontre intervient six semaines après l’accord de normalisation du 10 juillet dernier, marqué par le retour réciproque des ambassadeurs et la réouverture des espaces aériens selon les nos informations. En renouant le dialogue direct, les deux capitales s’assurent de tourner irrévocablement la page des fortes tensions qui les opposaient.
Le trophée politique : la future visite d’Assimi Goïta
Le principal acquis de ce déplacement reste politique. Porteur d’un message personnel du chef de la transition malienne, Abdoulaye Maïga a officiellement annoncé que le président de la transition, Assimi Goïta, a accepté l’invitation d’Abdelmadjid Tebboune à effectuer une visite officielle en Algérie, comme le rapporte TSA Algérie. Bien que la date exacte doive encore être fixée par les voies diplomatiques, cette annonce consacre le réchauffement bilatéral au plus haut sommet de l’État et pose les jalons d’une coopération de long terme.
Un pacte sécuritaire et de souveraineté renouvelé
Sur le fond, Bamako et Alger se sont accordés sur une vision géopolitique commune face aux enjeux du Sahel. Face à la presse, Abdoulaye Maïga a martelé que le Mali et l’Algérie partagent « une même géographie » et qu’ils sont, de fait, « condamnés à marcher ensemble et à œuvrer pour la prospérité de leurs peuples », reprenant ainsi des propos forts relayés par El Moudjahid. Les deux parties ont affiché leur volonté de faire du Sahel une région affranchie de toute forme de néocolonialisme et de terrorisme, en s’appuyant sur les principes de souveraineté et de non-ingérence.
Des perspectives économiques et régionales
Au-delà des seules questions de sécurité, cette visite vise à replacer l’économie au centre de la relation bilatérale. L’objectif partagé est de transformer le Sahel en un espace d’échanges et de développement, en relançant une dynamique de coopération concrète qui profitera directement aux populations transfrontalières.