Burkina Faso : Quatre ans après le putsch d’Ibrahim Traoré, l’ivresse souverainiste à l’épreuve du réel
Il y a très exactement quatre ans, le 30 septembre 2022, un jeune capitaine de 34 ans, inconnu du grand public, renversait le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba pour s’installer au palais de Kosyam. Promettant une reconquête rapide et impitoyable du territoire national face aux groupes jihadistes, Ibrahim Traoré incarnait alors l’espoir d’une nation meurtrie. Aujourd’hui, à l’heure du bilan, le Burkina Faso offre le visage d’un pays profondément métamorphosé sur la scène internationale, mais toujours enlisé dans un conflit asymétrique dévastateur. Entre un souverainisme exalté qui flatte la fierté nationale et une réalité sécuritaire et économique suffocante, le bilan du MPSR 2 (Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration) laisse un arrière-goût de cendre : un tableau résolument mi-figue, mi-raisin.