Société

Congo : La lumière s’étend dans le Pool et le Congo-Oubangui, pendant que Brazzaville sombre dans le doute

Le Congo-Brazzaville vit une semaine énergétique à deux visages. Tandis que le président Denis Sassou N’Guesso a multiplié les inaugurations dans l’arrière-pays, apportant l’électricité à des localités isolées du Pool et du Congo-Oubangui, la capitale, Brazzaville, continue de subir un quotidien rythmé par les délestages et l’instabilité du réseau.

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Par D. BAYAKA / Notre Correspondant à Brazzaville

Le chef de l’État congolais a fait de l’accès à l’électricité en zone rurale une priorité de cette mi-juillet. Le 15 juillet, à Kinkala, Denis Sassou N’Guesso a officiellement mis en service la ligne électrique Kinkala-Louingui-Boko-Loumo. Pour les habitants de ces zones du département du Pool, c’est une véritable révolution : le passage du groupe électrogène coûteux et capricieux au réseau national, promettant enfin un développement économique local.

La dynamique s’est poursuivie quelques jours plus tard dans le nord du pays. À Mossaka, dans le jeune département du Congo-Oubangui, la mise en service du réseau électrique a également été célébrée, marquant la fin d’une longue période d’obscurité pour cette cité riveraine du Congo-Oubangui. Ces avancées s’inscrivent dans une stratégie globale visant à réduire le déficit d’accès à l’énergie qui, selon les données récentes, privait encore près de 49 % de la population nationale d’électricité début 2026.

Brazzaville : Le paradoxe de la capitale

Pourtant, ce déploiement dans les départements contraste violemment avec la réalité de Brazzaville. Malgré les investissements et le projet PASEL (Projet d’amélioration des services d’électricité) mis en œuvre avec la Banque mondiale, la capitale demeure engluée dans des coupures récurrentes.

Pour beaucoup de Brazzavillois, ces inaugurations en province laissent un goût amer. « Nous voyons les lignes s’étendre au loin, mais ici, le courant reste un luxe instable », confie un habitant exaspéré. Les délestages massifs, qui paralysent aussi bien les ménages que les petites entreprises, restent le quotidien d’une cité qui se sent délaissée par la vétusté des infrastructures de distribution.

Vers une solution durable ?

Si le gouvernement a formalisé en décembre 2025 un accord avec la République démocratique du Congo pour des échanges transfrontaliers de 30 mégawatts, les résultats tardent à se faire sentir sur la stabilité du réseau domestique.

L’enjeu pour les autorités est désormais de taille : alors que le pays parvient, avec succès, à connecter ses districts les plus reculés, il lui reste le défi majeur de fiabiliser la fourniture d’énergie dans ses centres urbains névralgiques. Sans une modernisation profonde du réseau de transport et de distribution à Brazzaville et Pointe-Noire, le « boulevard énergétique » promis par le gouvernement risque de se heurter durablement à la réalité des plaintes citoyennes.

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