Macky Sall face à l’épreuve de New York : un premier revers et après ?
Le premier vote indicatif (straw poll) du Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est déroulé fin juillet 2026, a sonné comme une douche froide pour les partisans de l'ancien président sénégalais. Avec 6 voix d'encouragement, 7 avis défavorables et 2 abstentions, le plaçant provisoirement à la cinquième place, Macky Sall aborde une zone de turbulences. Dès lors, la question s'impose avec acuité dans les cercles diplomatiques et médiatiques : l'ancien chef de l'État peut-il se décourager après cette première défaite ?

Par Patrick Guitter/ Rédaction France-AfriqueMÉDIA
Arriver en cinquième position lors d’un galop d’essai au Conseil de sécurité n’est certes pas la position idéale pour un candidat briguant le poste suprême de Secrétaire général des Nations unies. Les sept bulletins défavorables enregistrés traduisent des résistances nettes, qu’elles soient liées à des calculs géopolitiques complexes, à des équilibres régionaux ou à des controverses héritées de sa fin de règne au Sénégal
Pourtant, dans la grammaire feutrée de la diplomatie onusienne, un premier vote indicatif n’a rien d’une sentence définitive. Il s’apparente davantage à un état des lieux, un thermomètre destiné à tester les rapports de force et à inciter les états-majors à réajuster leurs stratégies.
L’option du renoncement : une hypothèse peu probable
Céder au découragement supposerait de méconnaître la trajectoire politique et le tempérament de Macky Sall. Rompu d’expériences nationales et internationales intenses, l’homme fort de Fatick s’est forgé au fil des ans une réputation de battant politique, habitué aux configurations ardues et aux négociations de haute voltige.
Plusieurs facteurs laissent penser que l’ancien président maintiendra le cap :
- La structure même de la course : L’équipe de campagne de Macky Sall l’a rappelé avec insistance, la compétition reste ouverte et les lignes peuvent bouger au gré des tractations diplomatiques. SeneNews
- Le soutien des réseaux : Malgré les voix discordantes sur le plan interne ou continental — rappelant les difficultés initiales d’obtenir un consensus total au sein de l’Union africaine —, une frange influente de ses partisans continue de parier sur son profil de rassembleur et son entregent sur la scène internationale. Xalima
- L’enjeu de l’image et de l’influence : Même dans l’hypothèse d’une course semée d’embûches, aller au bout du processus permet de peser sur les pourparlers, de porter la voix d’une Afrique exigeant une réforme du multilatéralisme et de consolider un statut d’homme d’État global.
Entre réalisme et obstination
Macky Sall peut-il s’effondrer après ce premier revers ? S’il est lucide sur la difficulté de la tâche — accentuée par des équilibres de blocs rigides et le poids des traditions diplomatiques régissant la succession d’António Guterres —, le découragement ne semble pas à l’ordre du jour.
La bataille de New York ne fait que commencer. Entre le réalisme des chiffres du Conseil de sécurité et la volonté farouche de conjurer ce faux départ, les prochaines semaines diront si l’ancien président sénégalais saura transformer cette épreuve en un tremplin ou s’il devra faire face à l’inéluctable réalité d’un rapport de force défavorable.