RDC : ce que l’on sait de l’interpellation d’Alexis Thambwe Mwamba à Kinshasa
Kinshasa — L’ancien président du Sénat et figure historique de la coalition kabiliste, Alexis Thambwe Mwamba, a été interpellé dans la matinée du vendredi 23 octobre 2026 dans la capitale. Si l’opération sécuritaire a immédiatement suscité une onde de choc, les motivations officielles de cette arrestation font pour l'heure l'objet de vives interrogations dans les cercles judiciaires et politiques.

Par Carine Vuemba/Correspondante de France-AfriqueMÉDIA à Kinshasa
Selon plusieurs sources concordantes à Kinshasa, un déploiement considérable des forces de sécurité — mobilisant plusieurs dizaines de militaires et d’agents des services de renseignement — a encerclé la résidence de l’ancien éminent dignitaire pour procéder à son arrestation.
Aucun mandat ni chef d’accusation n’a encore été rendu public par le parquet général, laissant libre cours à diverses hypothèses. Ni la famille de l’homme d’État ni ses proches collaborateurs politiques n’ont pour l’instant détaillé les griefs notifiés lors de son transfert vers les locaux des services de sécurité.
Entre soupçons financiers et crispations sécuritaires
Si le flou demeure sur la cause immédiate de cette interpellation, le parcours judiciaire récent d’Alexis Thambwe Mwamba met en lumière plusieurs pistes récurrentes :
- Les contentieux de gestion au Sénat : depuis sa démission forcée du perchoir de la chambre haute début 2021 lors du basculement vers l’Union sacrée de Félix Tshisekedi, l’ancien ministre de la Justice était resté dans le viseur de la justice. Le procureur général près la Cour de cassation l’avait notamment accusé de détournement de deniers publics portant sur plusieurs chèques tirés pour le compte du Sénat (estimés à plusieurs millions de dollars et francs congolais), un dossier qui n’avait jamais été totalement clos sur le plan judiciaire.Radio Okapi |
- Le volet sécuritaire et politique : dans un contexte national marqué par une surveillance accrue des réseaux d’influence de l’ancien régime de Joseph Kabila, certains observateurs kinois n’excluent pas une procédure initiée par les services de renseignement militaire (ex-DEMIAP) ou l’Agence nationale de renseignements (ANR) autour de questions liées à la sûreté de l’État.
Pour l’instant, l’entourage d’Alexis Thambwe Mwamba dénonce un acte arbitraire et réclame la notification immédiate des motifs de son arrestation ainsi que l’accès à ses avocats. Les autorités judiciaires congolaises sont désormais attendues pour préciser si l’ancien président du Sénat fait face à une réactivation de ses dossiers financiers ou à de nouvelles infractions pénales.